Plan du Cody
Jacques Durieu
Le
Cody est un cerf-volant cellulaire muni de 2 grandes voiles
et d'ailettes. Démontable, il est rendu rigide par
la tension exercée sur la voilure par les vergues qui
se croisent au centre des cellules. Sa force ascensionnelle
et sa stabilité remarquables l'ont rendu célèbre
dès le début du siècle. Mais cet excellent
tracteur n'atteint les meilleures performances que si le tissu
est parfaitement tendu de toutes parts. Cela suppose, bien
entendu, une construction soignée qui, malheureusement,
peut décourager plus d'un amateur débutant,
et même chevronné, et le respect des quelques
règles énumérées ci-après.
La première concerne le tissu lui-même qui doit
être solide et peu extensible, surtout en biais ; c'est
pourquoi, parmi les matériaux modernes, il n'y a pratiquement
pas à hésiter, c'est le spinnaker, ou nylon
ripstop, qui s'impose.
D'autre part, comme il est essentiel de pouvoir régler
la tension, toutes les extrémités de l'armature,
vergues et longerons, font saillie de quelques centimètres
hors de la voilure ; celle-ci y est accrochée au moyen
de boucles de cordes dont la longueur est adaptée en
fonction de la tension désirée.
En outre, les 2 cellules sont compartimentées par une
cloison verticale en 2 caissons de forme trapézoïdale.
Cette paroi médiane augmente la rigidité des
plans porteurs de chaque cellule.
C'est aussi pour augmenter la rigidité des cellules
que les longerons sont placés dans des gaines cousues
aux angles des cellules et au long des grandes voiles.
Enfin, pour les appareils dont l'envergure dépasse
les 2 mètres, il convient de courber vers l'intérieur
tous les bords de la voilure entre les éléments
de l'armature comme indiqué sur la figure 2 ; la concavité
des ourlets aide à répartir la tension de façon
homogène à travers tous les plans et les empêche
de faseyer. Cette découpe particulière donne
d'ailleurs au Cody cet aspect caractéristique qui lui
vaut le surnom de Chauve-Souris (Bat en anglais).
Il faut encore ajouter que les grands cerfs-volants gagnent
en rigidité et en solidité si les vergues coulissent
dans des gaines cousues le long de la face supérieure
des ailes et ailettes.
Comme la voilure du Cody subit de fortes tensions, il est
impératif, dans les grands modèles, de renforcer
tous les points faibles. On les trouve aux points de percée
de l'armature ou aux angles des coutures. Tous ces renforts
apparaissent très nettement en foncé sur la
photo montrant un Cody photographié à contre-jour.
Voici quelques détails techniques utiles pour la construction
de ce cerf-volant :
Hauteur d'une cellule = Unité de mesure du CV = a,
d'où LN = NN' =N'L' = TL = LM = LP= TT' = a.
Longueur des longerons principaux LL' et PP'
= 3.30 a
Longueur des longerons secondaires TT' = 1.10 a
Les longerons secondaires MM', placés sur les cellules
des cerfs-volants de grande taille, sont complètement
enfermés dans leur gaine et ont donc la longueur a.
Longueur des grandes vergues VV = 4.65 a
Longueur des petites vergues WW' = 3.60 a
Envergure du cerf-volant (VV ) = 5.05 a
Surface portante avec bords droits = 14.0 a²
Surface portante avec bords concaves = 12.2 a²
On empêche les grandes voiles de se tordre en plaçant
les haubans PT, PT' et, pour les grandes tailles, PQ.
On tend le bas des cellules sur les longerons PP' grâce
à des tirants de corde placés entre N et N'.
Pour le passage des vergues, des petites ouvertures sont pratiquées
contre les longerons dans la face supérieure et dans
les faces latérales; au centre des cloisons intermédiaires
MM'M'M, une ouverture plus grande est prévue pour le
croisement des vergues (non représenté sur les
figures).
En vue du réglage de la tension dans la voilure, il
faut coudre une petite patte de ruban très solide à
tous les points de percée de l'armature, c'est-à-dire
en V, V', W, W', T, T', L, L', P, P', N et N'.
Le bridage est double : il se compose de deux brides secondaires
PUN' de longueur PU = 1.15 a et UN' = 2 a, et d'une bride
principale UU de longueur 4 a, au milieu de laquelle on accrochera
le fil de retenue.
Jacques Durieu
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