FRANTZEN
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ASSMANN
CODY
DUTIHL
GEORGE
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PANTENIER
PICAVET
PUJO
SACONNEY
LIENS

La grande guerre
St Cyr
Frantzen est militaire d'août 1914 à mars 1919, soit plus de 4 ans et demi. Sur cette très longue période, il a relativement passé peu de temps sur le front mais a beaucoup travaillé à créer des cerfs-volants utilisables par l'armée. Dès le début de la guerre il donne à l'armée les trains de cerfs-volants de l'UCVF et leurs treuils. Bizarrement ce matériel se retrouve au début de 1915 dans l'armée britannique qui l'utilise près d'Armentières pour larguer des explosifs sur les tranchées allemandes. Initialement Frantzen est incorporé dans la section automobile cerf-voliste de Saconney puis il est blessé en octobre 1914 près de Commercy.
En avril 1915 il est affecté à Saint-Cyr près de Versailles où il est nommé instructeur cerf-voliste. Saint-Cyr est alors un grand centre d'aérostation et d'aviation. On y fabrique des ballons cerfs-volants (les saucisses) et il y a jusqu'à 4.000 personnes en 1917 pour y réparer les avions. Frantzen forme les recrues de la classe 1916 au maniement des cerfs-volants Saconney. Parallèlement il met au point des cerfs-volants météorologiques et porte-antenne de TSF. Quelques-uns de ces cerfs-volants sont inspirés de la forme des cerfs-volants hexagonaux de BADEN-POWELL. Très probablement, aucun de ces prototypes ne sera utilisé par l'armée.

En septembre 1916 Frantzen est caporal cerf-voliste au 1er groupe d'aviation à Cazaux dans les Landes. Il y devient chef du parc d'aérostation du service des objectifs à l'école de tir aérien. Le centre de Cazaux avait été créé en 1913 pour que les avions y fassent des essais de tir, notamment contre les Zeppelins. En 1916 les effectifs y sont d'environ 800 personnes. Frantzen y met au point des cerfs-volants porteurs de cibles et tirés par des canots automobiles naviguant sur un étang. Sur certaines photos, les cibles sont de petits ballons gonflés à l'air et lestés d'un peu d'eau. Frantzen souhaite des fonctions plus utiles pour les cerfs-volants et considère, c'est son expression, qu'il “végète ” à Cazaux.
En 1917 l'Allemagne dispose de 120 sous-marins avec lesquels elle espère contraindre la Grande-Bretagne à la capitulation en coulant les navires qui l'approvisionnent. Les convois alliés sont parfois équipés de ballons captifs d'où un observateur scrute la mer mais ces engins très encombrants sont peu commodes. L'aviation quant à elle n'a pas l'autonomie lui permettant de surveiller la mer. Restent les cerfs-volants. Avant la guerre, la Russie, l'Angleterre et la France avaient tenté de telles expériences. Pour la France, les essais de Saconney avaient conduit en 1913 la marine à conclure que “les cerfs-volants ne sont susceptibles d'aucune utilisation militaire pratique et il n'y a pas lieu d'adapter ce matériel ”.

Cependant se constitue un groupe de promoteurs du cerf-volant. Tout d'abord J. Lecornu publie en 1917 De l'emploi des trains de cerfs-volants montés pour la surveillance des mers et la recherche des sous-marins qui sera suivi de deux autres brochures sur le même thème. Quelques autres personnes, dont le sénateur Cornet, interviennent auprès du Secrétariat des Inventions pour que des essais soient faits. Finalement deux cerfs-volistes présentent leur projet, Pantenier et Frantzen. La proposition de Pantenier, peu soutenue, n'est pas retenue. Son défaut serait d'offrir un cellulaire trop encombrant et donc d'un maniement difficile sur un navire. Frantzen propose un train constitué de cerfs-volants de 10 m² chacun et combinant la surface hexagonale du Baden-Powell, les cellules triangulaires souples du Conyne et la fourche d'attelage à l'avant du cerf-volant d'Oulianine (et Pantenier) qui permet au câble de traverser librement les cerfs-volants. Ces appareils, faciles à monter, peuvent être empilés et ils n'occupent alors chacun qu'environ 12 cm de hauteur. Cette tentative d'un renouveau du cerf-volant ne suscite pas l'enthousiasme. Frantzen se plaint de ce que “le commandant Saconney me barre toujours la route ” et du retrait du front de tout le matériel cerf-voliste (24 avril 1917).
La marine quant à elle se voit “ imposer ” les essais de juillet 1917 à juin 1918. Les cerfs-volants sont construits d'août à octobre et, en janvier 1918,12 marins inexpérimentés sont mis à la disposition de Frantzen au centre maritime d'aérostation de Saint-Cyr. Les essais faits à terre sont décevants, “une automobile figurant le navire et roulant sur une route figurant la mer”. Frantzen avait souhaité des essais sur un navire en mer où certes les lancers auraient été difficiles mais les vols grandement facilités par la régularité du vent et la faculté du navire de faire varier la force du vent relatif en changeant de direction. Selon Frantzen la marine refuse un essai dans lequel un cerf-voliste aurait des exigences sur la conduite du navire. La tradition sacrée veut que seul le commandant soit maître à bord. Finalement les essais jugés infructueux sont arrêtés.

Avant 1918 seuls seront utilisés à la guerre les cerfs-volants Saconney (proche copie du Cody) pour les ascensions humaines et de façon très épisodique, peut-être le cerf-volant Conyne (américain) pour la transmission et le cerf-volant Nerlow pour la météorologie.

En février 1918 Frantzen dépose une demande de brevet pour son “appareil planeur pour observation aérienne ”. Le brevet est délivré le 8 avril 1920. Le discrédit dont souffre le cerf-volant explique l'application de Frantzen à éviter le terme. Il parle ainsi d'appareil planeur et plus généralement de “planeur captif ”.